L’hypnose est un état de conscience particulier qui intrigue autant qu’il fascine. Souvent associée au spectacle ou entourée de mythes, elle est pourtant utilisée depuis longtemps dans des contextes thérapeutiques, médicaux et de bien-être.

Cet article propose un tour d’horizon sur l’hypnose : définition, histoire, types d’hypnose, fonctionnement, bienfaits de l’hypnose, usages reconnus et cadre légal au Québec.

 

Hypnose : définition et histoire

L’hypnose est un état de conscience modifié, où l’attention se tourne vers l’intérieur. Une sensation, une image ou une pensée peut alors devenir le centre de l’expérience pendant que le reste se fait plus discret.

Les chercheurs parlent d’une combinaison d’absorption mentale, de réduction de l’esprit critique immédiat et d’une plus grande réceptivité aux suggestions.

Au Québec, l’Ordre des psychologues précise que cet état peut être utilisé dans un cadre clinique ou non clinique, mais que certaines interventions relèvent d’actes réservés. Dans un contexte thérapeutique, l’hypnose devient un outil de communication et d’accompagnement visant à favoriser un changement ou à mobiliser des ressources internes sans que la personne perde le contrôle de ses pensées ou de ses actes.

 

Histoire de l’hypnose : du 18e siècle à aujourd’hui

Des pratiques qui ressemblent à l’hypnose existent depuis l’Antiquité. On retrouve des traces de rituels chamaniques, de transe dans certaines traditions spirituelles, et même des « temples du sommeil » dans la Grèce antique, où l’on utilisait les rêves comme source de guérison. Bien que différentes des formes modernes, ces expériences montrent que l’idée d’accéder à un autre état de conscience pour se transformer ou se soigner est très ancienne.

À partir du XIXᵉ siècle, l’hypnose prend une forme plus scientifique et documentée :

  • Au XVIIIe siècle.
    Le médecin Franz Anton Mesmer popularise une pratique qu’il nomme « magnétisme animal ». Il croit à un fluide invisible reliant les êtres vivants. Cette théorie est aujourd’hui abandonnée, mais elle marque le point de départ de l’exploration moderne des états hypnotiques.
  • Au XIXe siècle.
    En France, Jean-Martin Charcot étudie l’hypnose à l’hôpital Salpêtrière et l’associe à l’hystérie. À Nancy, Hippolyte Bernheim et Ambroise Liébeault développent une vision plus psychologique centrée sur la suggestion.
  • Au XXe siècle.
    L’américain Milton H. Erickson renouvelle la pratique en utilisant des métaphores, des histoires et une communication adaptée à chaque personne. L’hypnose ericksonienne devient une référence en psychologie moderne.

Aujourd’hui, de nombreuses approches coexistent avec chacune ses techniques et sa philosophie. L’hypnose s’invite également dans des démarches de développement personnel et de mieux-être. Elle conserve toutefois des applications reconnues en santé.

 

L’hypnose au Québec : cadre et balises légales

Au Québec, la pratique de l’hypnose s’inscrit dans un cadre légal. La loi distingue ce qui relève d’un acte réservé aux professionnels, notamment la psychothérapie, de ce qui peut être pratiqué par des intervenants formés, mais non membres d’un ordre professionnel.

Ce qui relève de la psychothérapie

L’Ordre des psychologues du Québec stipule que, lorsqu’une intervention hypnotique vise à traiter une condition psychologique, modifier profondément des comportements ou soulager une détresse émotionnelle significative, elle devient un acte de psychothérapie.

Dans ce cas, elle ne peut être réalisée que par un professionnel autorisé, comme un psychologue, un médecin, ou un autre professionnel habilité à exercer la psychothérapie.

Cela inclut, par exemple :

  • Le traitement de troubles diagnostiqués (dépression, trouble anxieux, etc.)
  • Le travail sur des traumatismes ou phobies
  • Les interventions ciblant des symptômes psychologiques sévères

Ce qui peut être fait hors acte réservé

En dehors du cadre psychothérapeutique, l’hypnose peut être utilisée pour :

  • favoriser la détente ;
  • préparer mentalement à un événement (compétition sportive, prise de parole, etc.) ;
  • encourager des habitudes de vie positives ;
  • accompagner la perception de certaines sensations.

Ces interventions visent un accompagnement au bien-être et ne prétendent pas traiter ou diagnostiquer une condition médicale ou psychologique.

 

Comment ça fonctionne ?

L’hypnose est un processus actif où la personne accède à un état de conscience modifié. Son efficacité repose sur des mécanismes bien documentés, à la fois cognitifs et physiologiques, et sur un déroulement structuré qui varie selon l’objectif.

Les mécanismes cognitifs et physiologiques

L’hypnose repose sur une combinaison de processus cognitifs, émotionnels et physiologiques.

Parmi les éléments les plus souvent observés dans la littérature scientifique :

  • Focalisation de l’attention : la personne concentre ses ressources mentales sur un élément précis, ce qui réduit l’influence des stimuli extérieurs.
  • Imagerie mentale : visualisations, métaphores ou souvenirs activent des zones cérébrales similaires à celles utilisées lors d’expériences réelles, influençant la perception et les sensations.
  • Suggestion : le praticien propose des images, des mots ou des gestes qui peuvent moduler l’expérience subjective (ex. : perception de la douleur, niveau de détente).
  • Réponse physiologique : dans certains cas, l’état hypnotique s’accompagne de changements mesurables (ralentissement de la respiration, diminution du rythme cardiaque), souvent associés à la relaxation.
  • Relation praticien-participant : la qualité de la relation et le climat de confiance jouent un rôle central dans l’efficacité perçue de la séance.

Le processus en séance d’hypnothérapie

Une séance d’hypnose suit généralement quatre étapes principales qui peuvent varier selon l’approche et l’objectif :

  1. Entretien initial
    Le praticien échange avec la personne pour comprendre ses besoins, préciser ses attentes et s’assurer que l’hypnose est appropriée à la situation.
  2. Mise en état hypnotique (induction)
    Par la parole, la respiration ou des focalisations sensorielles, le praticien guide la personne vers un état de conscience modifié, où l’attention est dirigée vers l’intérieur.
  3. Phase de travail
    C’est ici que se déploient les suggestions, métaphores ou visualisations adaptées à l’objectif (ex. : renforcer la confiance, se préparer à un événement, moduler une sensation).
  4. Retour et intégration
    Le praticien ramène progressivement la personne à un état d’éveil habituel, puis échange sur ses impressions pour consolider ce qui a été vécu et favoriser l’intégration dans le quotidien.

 

Les différents types d’hypnose thérapeutique

Au fil du temps, plusieurs approches de l’hypnose se sont développées. Elles partagent toutes l’idée de mobiliser l’attention et l’imaginaire pour favoriser un changement, mais elles diffèrent par leurs méthodes, leur langage et leur posture. 

Voici un aperçu des principales formes que l’on rencontre aujourd’hui :

Hypnose classique

L’hypnose classique, parfois appelée hypnose directe, repose sur des suggestions précises et explicites données par le praticien.

  • Méthode : induction rapide ou progressive, suivie de formules directes comme « vos yeux deviennent lourds » ou « vous ressentez une détente complète ».
  • Utilisation : historiquement employée en hypnose de spectacle, mais aussi dans certains contextes cliniques où des suggestions simples suffisent.
  • Particularité : la structure est plus directive, le praticien guide pas à pas l’expérience.

Hypnose ericksonienne

Développée par le psychiatre américain Milton H. Erickson, cette approche est dire stratégique.

  • Méthode : utilisation de métaphores, d’histoires, de reformulations et de langage permissif (« vous pouvez peut-être… », « il se pourrait que… »).
  • Utilisation : très présente dans les milieux thérapeutiques et de coaching, car elle s’adapte à la personnalité et aux ressources de chaque personne.
  • Particularité : le praticien crée un contexte favorable pour que la personne trouve ses propres solutions, plutôt que d’imposer un changement précis.

Hypnose humaniste

L’hypnose humaniste, développée dans les années 2000 par Olivier Lockert et Patricia d’Angeli, se distingue par son intention d’élargir la conscience. C’est une approche dite existentielle.

  • Méthode : au lieu d’amener la personne dans un état de conscience réduit, on l’invite à devenir plus présente, plus consciente de ses pensées, sensations et émotions, souvent par un travail symbolique.
  • Utilisation : accompagnement de réflexions profondes, travail sur des représentations intérieures, soutien au développement personnel et à la compréhension de soi.
  • Particularité : la personne reste pleinement actrice, le praticien agit comme un guide, et la relation est construite sur une collaboration consciente.

Autres approches

Des pratiques complémentaires ou dérivées des grands courants existent également. 

L’auto-hypnose, par exemple, permet d’appliquer sur soi-même les principes appris en séance, afin de favoriser la détente, la préparation mentale ou la gestion du stress. D’autres courants se présentent comme des évolutions des approches existantes, comme l’hypnose conversationnelle, qui transpose les mécanismes hypnotiques dans la communication quotidienne.

 

Usages et bénéfices de l’hypnose

L’hypnose s’invite aujourd’hui dans des contextes variés. Dans la vie quotidienne, elle peut :

  • aider à retrouver un état de calme et de détente,
  • soutenir la préparation d’événements importants (examens, compétitions, prises de parole),
  • encourager l’installation d’habitudes de vie plus positives,
  • et contribuer à une meilleure régulation des émotions.

Les effets diffèrent d’une personne à l’autre, et les recherches scientifiques, bien que prometteuses dans certains domaines, rappellent l’importance de garder une approche nuancée. L’hypnose n’est pas un traitement et ne remplace pas un suivi médical ou psychologique lorsque celui-ci est nécessaire.

 

Choisir un praticien au Québec

Au Québec, les titres de « praticien en hypnose », « d’hypnothérapeute » ou « dhypnologue » ne sont pas réglementés. C’est pourquoi il est essentiel de vérifier la formation, l’expérience et l’éthique de la personne avant de commencer un accompagnement.

Voici quelques critères à vérifier :

  • Formation reconnue : assurez-vous que le praticien a suivi une formation complète et certifiée en hypnose, idéalement auprès d’une école spécialisée qui compte 1000 heures de formation ou plus.
  • Certification et expérience : privilégiez les praticiens qui peuvent démontrer leur parcours, leur mise en pratique et leur engagement continu dans le développement de leurs compétences en faisant partie d’associations professionnelles telle que RITMA.
  • Spécialisation : certains praticiens orientent leur accompagnement vers la préparation mentale, le mieux-être, etc. Choisir un profil aligné avec vos besoins rend l’expérience plus pertinente.
  • Approche et éthique : un bon praticien explique clairement sa méthode, respecte vos limites et n’avance jamais de promesses irréalistes.

Chez Hypnose Humaniste Canada, nos hypnothérapeutes sont formés de façon complète et travaillent dans le respect de votre rythme. Nous vous accompagnons avec bienveillance, pour que vous restiez pleinement acteur de votre démarche. Apprenez-en plus sur nos consultations en hypnothérapie.